Entretien avec Irène Jarsky

LE MOUVEMENT MEME DU SON

Marie-Noël Rio. – Tu es interprète du répertoire, de la musique contemporaine, de ce qu’on appelle le « théâtre musical », et en même temps tu diriges le conservatoire de Pantin. Je voudrais savoir comment tu parviens à cumuler tout ça, qu’est-ce qui t’a conduite à cumuler tout ça et quelles contradictions tu rencontres dans oes différentes pratiques, les unes affrontées aux autres.

Irène larsky. – Je n’ai pas décidé que j’aurais une position comme celle-là, mais il se trouve que j’ai un certain besoin d’exister en tant qu’interprète, et que dans les milieux sociaux actuels où on fait de la musique, où on pratique de la musique ou du théâtre, je n’ai pas trouvé une satisfaction complète de cet exercice. Donc je me suis posé des questions par rapport à cela; simultanément j’ai été en contact avec d’autres expériences de camarades, et on est arrivés ensemble à penser qu’ il fallait d’une manière ou d’une autre recommencer une forme d’enseignement, dans la mesure où l’interprète ne peut plus se dissocier, dans son intérêt, de ce qui se passe dans la vie quotidienne. Le temps du grand concertiste tout seul sur la scène, ça n’existe plus en tant que modèle pour le quotidien : la société qui l’alimentait, le faisait vivre, le payait, est en pleine désagrégation mutationnelle – la fonction du Dieu Soliste devient anachronique et inopérante en tant que moteur.

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